• Eveil

     

    Eveil

     



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    Un soir de fin d’hiver, la plénitude est là.

    L’air est doux et sucré, les sons joyeux et feutrés.

    Mon esprit se tait et respire, apaisé, la saveur du couchant.

     

    Soudain, quelque chose en moi décroche.

    Mon centre se déplace, ma vision s’élève et s’élargit.

    Fulgurance du mouvement intérieur.

    Mon sang palpite, mon cœur s’accélère, mon corps vibre.

    Mon cerveau cesse d’interpréter.

    Je ne suis plus qu’une sensation, un carrefour d’information, un capteur d’énergie.

     

    La révélation surgit.

    Je suis un esprit, une conscience, qui voyage.

    Je ne suis pas cet individu que jusqu’ici je croyais être.

    Il n’est qu’un personnage créé par ma conscience pour voyager,

    un simple outil de perception et d’expérimentation.

     

    Un voile se déchire, et l'Amour fond sur moi.

    Il est partout.

    Des cailloux sous mes pieds à l’infini du ciel étoilé.

    Il émane de chaque chose.

    C’est l’amour absolu, pur, inconditionnel.

    L’amour qui enveloppe, qui berce, qui rassure, qui chasse tous les démons.

    L’amour-refuge, l’amour-foyer, l’amour-confiance.

    La fin de la peur.

     

    C’est la vibration de l’univers.

    Son message, son langage.

     

    Tout scintille.

    La nuit est parsemée de multiples points lumineux.

    Même dans les zones les plus sombres il n’y a plus d’obscurité.

    Il n’y a que de l’énergie.

    De l’énergie consciente.

     

    Le vide n’est que l’absence de moyens de perception.

    L’espace est une matrice remplie de conscience.

    Les objets, les maisons, les plantes, les oiseaux, le ciel, l’air, la mer…

    Tout vibre de conscience.

    Tout danse en harmonie au son du même écho.

     

    Les atomes sont des cœurs palpitants.

    Les cœurs palpitants de l’Esprit.

     

     

    Ma vision s’élargit encore.

    Je ne suis pas séparée du reste.

    Je ne suis pas une conscience qui voyage, je suis La conscience universelle.

    Je suis l’Esprit.

    L’essence de tout ce qui existe.

    La source de l’Amour.

    L’Etre.

     

    Hilarité face à la bonne farce que l’on m’a jouée depuis ma naissance.

    Etre ou ne pas être, telle n’est pas la question.

    La mort n'est qu’une pause entre deux voyages,

    une porte qui s’ouvre sur un autre rêve.

     

    Tout se passe maintenant.

    Passé et futur se passent maintenant.

    Il n’y a pas eu de commencement, il n’y aura pas de fin.

    Il y a, simplement.

    De toute éternité.

     

    Ma main, la main de l’Etre, touche l’arbre à côté de moi.

    Communion avec l’esprit de l’arbre.

    Fusion de nos essences.

    Bouleversante reconnaissance de l’amour qui nous relie.

    Il n’y a de différence entre nous que par la forme.

    Nous sommes tous deux l’Esprit qui s’expérimente à travers la matière.

     

     

     

    La soirée s’écoule, puis je m’endors paisiblement.

    Je sais maintenant ce qu’est l’éveil, et cela n’a rien d’extraordinaire.

    Redécouvrir cela est merveilleux, mais en soi c'est si simple. 

    C’est ce que je suis naturellement.

     

    L'univers est ma maison,

    l'amour est ma langue maternelle.

     

    Je suis chez moi

    et je l'ai toujours été.

     

     

    mars 2001